Selon la légende et sans que la raison de leur courroux soit connue, sept fées maléfiques avaient pris la décision de détruire le village de Godonécourt, l’actuelle Saint-Mihiel. Pour parvenir à leurs fins, elles prirent chacune un gros bloc de pierre qu’elles alignèrent de façon à bloquer la Meuse. Les eaux montantes menacèrent d’inonder le village qui ne dut son salut que grâce à l’intervention de l’archange Saint Michel. Les fées vaincues durent enlever les roches du fleuve et les placer sur la berge, où elles se trouvent encore aujourd’hui.

Blason-saint-mihiel

Pour remercier Saint Michel, la ville adopta son nom. Le blason communal consiste en trois roches d’argent sur un fond d’azur. La devise « Donec moveantur », jusqu’à ce qu’elles bougent, lie le sort de Saint-Mihiel à ces « Dames de Meuse » : tant qu’elles ne seront pas déplacées, la ville existera.

Pendant la Révolution, quand les noms d’origine religieuse furent abandonnés, la ville prit naturellement le nom de Roches-sur –Meuse.

Une autre explication de l’origine du nom Saint-Mihiel est liée à l’abbaye bénédictine. Celle-ci fut fondée au 8e siècle sur le mont Castillon à quelques kilomètres à l’est de l’emplacement actuel par le seigneur Wulfoald et son épouse Adalsinde. Ce noble avait en sa possession des reliques obtenues pendant un pèlerinage au mont Gargano en Italie, où se trouve le plus ancien sanctuaire européen de Saint Michel. La nouvelle abbaye qu’il fonda pour abriter ces reliques, également située en hauteur, adopta logiquement le nom du saint archange.

Au 9e siècle, le grand abbé Smaragde prit la décision de déplacer l’abbaye vers les bords de la Meuse, près du carrefour routier et du point de traversée de la Meuse, à côté du village de Godonécourt. La renommée de l’abbaye étant plus grande que celle du village, le nom de Saint-Michel finit par supplanter celui de Godonécourt.

La forme actuelle, Saint-Mihiel, est due à la déformation du nom dans le cours des siècles.